Lettre ouverte à ma fraternité

Lettre ouverte à ma fraternité

Une lettre ouverte est adressée à un Président de la République ou un représentant lorsque ce dernier semble en mesure de prendre seul les décisions appropriées aux sujets émis par l'auteur. Elle est aussi ouverte afin que publiquement chacune et chacun soit en mesure de se faire une idée quant à l'exactitude et la cohérence des questions posées. Mais à quoi bon interpeller un quelconque représentant de pays ou d'organisation humaine quand la question doit se poser en chacun de nous ? N'est-ce pas la définition même de l'hypocrisie que de poser à un tiers la question que l'on devrait se poser à soi-même ?

C'est pourquoi cette lettre est à destination de chaque personne que j'ai la chance de connaître, à celles et ceux qui désirent que nos chemins se croisent et à chaque être qui sera libre de voir une certaine résonance avec les propos ici tenus, qui sont des questions que je me pose à moi-même.

Quel monde je désire aujourd'hui et dans le futur ?

Nous avons pris une telle habitude de recevoir quotidiennement une dose exponentielle de nouvelles déprimantes que nous nous y acclimatons telle la grenouille qui meure à défaut d'avoir sauté de l'eau froide que l'on met à feu doux.

Nous vivons, souvent de manière honorante à souhaiter le bien pour notre entourage et la planète sur laquelle nous sommes, mais assombris voire assommés par le quotidien, la Une des médias et l'idée hasardeuse bien que bienveillante qu'un changement viendra peut-être demain par un tiers ou une organisation diverse. Certains sont même assommés au point de voir l'avenir tel une désertification de la nature via une extinction de masse inévitable que la planète a déjà connue à plusieurs reprises. D'ailleurs, ce n'est pas la planète que nous souhaitons sauver mais bien la vie sur Terre telle que nous la connaissons. La planète elle se régénérera comme elle l'a déjà fait, et nous la sauverons et la préserverons réellement (tout comme les autres astres et planètes qui nous entourent) des plans et projets non maitrisés par des organisations qui se croient infaillibles; tout comme les développeurs de la bombe nucléaire agissaient dans le passé avec une assurance certaine. De nombreux projets seront à surveiller de près mais ce n'est pas le sujet de cette lettre ... quoi que.

Le fait est que nous oubions nos aspirations propres. Nous oublions ce que nous désirons non pas en surface mais profondément. Qu'est-ce que je désire vraiment dans ma vie ?

Si nous sommes bras ballants dans un semblant d'action face à l'évidence, qu'est-ce qui nous retient véritablement de créer le monde que nous désirons véritablement ?

Faut-il pour commencer se laisser la place, le temps et la sérénité de penser librement aux questions qui nous sont chères ? Nous pensons, nous nous persuadons même que nous vivons la vie que nous désirons jusqu'à ce que nous ayons le courage ou du moins l'honnêteté de voir ce que nous n'étions pas près à voir jusque là.

 

Admettre que nous sommes absorbés par le quotidien, éblouis par les distractions abondantes et aveuglés par des médias qui chantent en choeur une version quasi monolingue du monde telle un immense écran de fumée qu'il suffit d'ignorer ou de ne pas monopoliser pour se permettre, un tant soit peu de prendre le temps de se poser des questions à soi-même, d'être en phase avec soi-même, de penser par soi-même. Et j'entends pas "penser" non pas le fait d'analyser pour juger, mais le fait de penser de manière sereine et libre aux questions qui nous sont véritablement fondamentales.

Je m'imagine souvent la veille de ma mort, ou même déjà mort, repensant à ma vie, ce dont je me souviens et ce qui m'a été cher. Aurais-je des regrets ? Voilà une question qui a du sens, non pas pour se donner de la culpabilité, de la honte ou de la rancoeur mais bien au contraire pour mettre la lumière sur ce qui nous importe véritablement ?

Peut-être cette question suffit-elle à chacun pour avoir peur de la mort ? Ce que je ne souhaite à personne. Mais alors, comment vient véritablement la paix à cet instant ?

En ayant une vie accomplie, en phase avec qui nous sommes vraiment ?

J'imagine que l'on meurt bien si l'on vit bien.

Le mystère est propre à chacun.

Aussi, se "réveiller" au moment de sa mort n'est-il pas étrange ? Tel celui qui a frôlé de perdre la vie durant un accident ou une certaine situation bouleversante, et qui décide soudainement de changer radicalement de vie ? Pourquoi n'a t-il pas fait ce choix avant ? Comment acquérir la conscience de ce qui nous importe véritablement sans passer par un accident tragique ?

Si cette lettre permettait à chacun d'atteindre ces questions et ces prises de conscience, quel cadeau serait-elle !

Voici les questions que je me pose et que je vous pose par là-même.

N'est-il pas temps de se réveiller ?

N'est-il pas temps d'ouvrir les yeux, la bouche et les oreilles à tout ce qui nous touche, nous importe, nous émeut et nous ravive au point de nous sentir vraiment vivants et utiles ?

N'est-il pas temps de regarder l'impact de l'Humanité sur la planète Terre, sur soi-même, son entourage, sur tous les peuples et toute la nature sans qui l'Humanité ne pourrait être ?

Le futur est le résultat de nos choix quotidiens.

Le présent est le résultat de nos choix passés.

Alors, les yeux ouverts et la sérénité de l'instant bien acquis, qu'est-ce qui nous permettrait de vraiment changer l'orientation du monde ? Qu'est-ce qui me permettrait de créer le monde que je désire ?

S'il suffisait d'un changement momentané, de quelques années pour tout changer, le feriez-vous ?

S'il suffisait de changer son alimentation par exemple, élément si anodin de notre quotidien et pourtant si puissant, non pas pour toute la vie mais seulement pour les dix prochaines années, le feriez-vous ?

Si cela permettait de véritablement tout changer, le feriez-vous ?

Que seriez-vous prêts à changer dès maintenant pour les dix prochaines années si cela pouvait changer le monde ?

"Que seriez-vous prêts à changer dès maintenant pour les dix prochaines années

si cela pouvait changer le monde ?"

Laurent COURBARD